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Comment des créateurs autochtones diffusent leurs traditions et leur culture aux quatre coins du monde

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En cette Journée nationale de la vérité et de la réconciliation, nous rendons hommage aux survivants des pensionnats autochtones du Canada, aux enfants qui n’ont jamais retrouvé leur famille, à leurs familles et à leurs communautés. Il est temps de reconnaître ce qui s’est passé, de panser les blessures et d’encourager chacun à s’informer sur ce sombre volet de notre histoire et sur les séquelles durables laissées par les pensionnats. Il est temps d’écouter, d’apprendre et de tenter de mieux comprendre l’expérience des Autochtones au Canada.

Des créateurs autochtones ont bâti des communautés en ligne pour faire connaître et préserver des aspects importants de leur culture ainsi que pour communiquer leurs perspectives dans le monde entier. À l’occasion de cette Journée nationale de la vérité et de la réconciliation, nous vous présentons deux créateurs autochtones canadiens qui explorent et diffusent leur culture, leur voix, leurs expériences et leurs histoires riches et diverses à leur manière.


Breanna Deis

Youtubeuse créatrice de perlages, Breanna Deis appartient à la nation Ulkatcho de Vancouver (C.-B.), territoire non cédé des bandes de Squamish, de Stolo, de Tsleil-Waututh et de Musqueam.

Comme bon nombre d’Autochtones, Breanna a grandi séparée de sa culture. Sa mère faisait partie des victimes de la rafle des années 60, une politique gouvernementale qui a permis aux autorités responsables de la protection de l’enfance au Canada d’enlever des enfants autochtones à leur famille pour les placer en adoption dans des familles blanches. Breanna s’est récemment mise au perlage pour se reconnecter aux traditions desquelles elle a été coupée. Les tutoriels étaient rares sur le Web et elle ne connaissait pas d’Aînée pouvant lui transmettre son savoir-faire. Elle a donc appris d’elle-même. Dans le processus, elle a réalisé qu’elle pouvait aussi aider les autres à apprendre. C’est ainsi qu’elle a commencé à publier des vidéos sur YouTube, où elle a rapidement capté l’attention d’un public passionné qui ne cesse de croître.

Ce qu’elle a commencé au début de l’année 2020 comme un passe-temps pour découvrir son identité et s’y rattacher a depuis changé sa vie en devenant une passion et un travail à temps plein. « Mon travail est à l’image de l’indigénéité moderne. Il rappelle au monde que les Autochtones sont encore présents, que leur art est toujours vivant et qu’il ne se trouve pas que dans les musées d’histoire. »

Grâce à sa chaîne YouTube, Breanna aide d’autres Autochtones à apprendre le perlage et à retisser des liens avec leur culture. Elle donne aussi des ateliers de perlage près de chez elle à l’association des jeunes autochtones de Vancouver, l’Urban Native Youth Association, en Colombie-Britannique. Toutefois, elle demeure bien consciente que son apparence de femme blanche lui évite de vivre la même oppression que d’autres Autochtones. Pour soutenir les membres de sa communauté, elle verse une partie de ses profits à des organismes de bienfaisance œuvrant auprès des personnes autochtones, noires et de couleur.

Breanna dit : « En fait, mon but est d’apporter de la joie aux gens, de montrer toute la beauté de la culture autochtone et d’ouvrir la voie qui permettra à d’autres créateurs et artistes autochtones de transmettre leur passion et leur amour de leur culture au monde. »


Halluci Nation

La musique transcende les frontières géographiques, culturelles et linguistiques. The Halluci Nation est un duo de musique électronique d’Ottawa composé de Tim « 2oolman » Hill, Mohawk de la bande Six Nations de Grand River, et d’Ehren « Bear Witness » Thomas, de la bande Cayuga. Tout musicien rêve d’utiliser son art pour raconter son histoire. C’est ce que fait The Halluci Nation grâce à un son unique.

D’influences diverses, leur musique combine hip-hop, tambours de pow-wow, voix et instruments électroniques. Elle fait entrer les sonorités autochtones dans l’ère numérique pour les transmettre au plus grand nombre. On y entend des ensembles de percussions, des chants de gorge et des artistes de « spoken word ». Elle attire des auditeurs autochtones, mais aussi de tous les horizons.

Depuis le début, les musiciens du groupe se sont donné la mission d’utiliser leur art comme outil de militantisme pour transmettre des messages positifs sur l’identité personnelle, la représentation et l’acceptation. Le groupe s’est formé quand Bear Witness et l’ancien membre Ian Compeau ont vu la possibilité d’organiser des fêtes pour représenter la population autochtone d’Ottawa. Les pow-wow électriques sont devenus l’un des événements les plus populaires d’Ottawa et ont mené à la formation de A Tribe Called Red, l’ancien nom du groupe The Halluci Nation.

Le feu militant et poète autochtone John Trudell est à l’origine du terme « Halluci Nation », qui nous invite à nous souvenir ce que cela signifie réellement que d’être humain et à vivre selon les valeurs autochtones. Les musiciens ont collaboré avec John Trudel avant son décès en 2015. Sa voix est d’ailleurs mise de l’avant dans deux de leurs pièces. Cette collaboration a permis au groupe de créer une feuille de route qui l’a mené à changer de nom. Dans l’énoncé de mission publié lors de la parution de son album conceptuel We Are the Halluci Nation, le groupe dit que le concept de « Halluci Nation » promeut l’inclusion, l’empathie et l’acceptation entre toutes les races et tous les genres au nom de la justice sociale.

Depuis 2010, le duo se sert de YouTube et d’autres canaux de communication pour diffuser de nouvelles pièces, des vidéos des coulisses et divers aspects de la culture autochtone contemporaine. Son style qui brouille les genres est acclamé à l’international et sensibilise la population mondiale aux enjeux politiques touchant les peuples autochtones.

Pour savoir comment démontrer votre soutien pour la cause et célébrer la Journée nationale de la vérité et de la réconciliation, visitez ces sites :